Vie quotidienne
Les figures historiques que vous devriez connaître avant de voyager en Albanie
Lors de votre voyage en Albanie, vous allez croiser des figures incontournables du pays. Dans cet article, nous vous parlons de ces personnes qui ont marqué l'histoire de l'Albanie et influencé l'identité du pays et de ses habitants. Ces personnages ne sont pas simplement présents dans les manuels scolaires. Certains sont célèbres dans le monde entier : par exemple, l'Albanaise la plus connue est sans doute Mère Teresa. Les noms des autres vous seront peut-être familiers, sans que vous sachiez bien qui ils sont (par exemple Skanderbeg).
Mais pour les Albanais, ce sont des visages très familiers : ils forment leur identité.
Vous verrez leurs noms sur des plaques de rue, des bâtiments publics, vous croiserez leurs statues, vous les retrouverez dans les musées. Pour mieux apprécier ces rencontres et préparer votre voyage en Albanie, nous vous proposons ici quelques informations clés sur ces personnalités et leurs parcours.
1. Mère Teresa (1910-1997), la sainte
Si vous prenez l'avion pour Tirana pour vous rendre en Albanie, la première célébrité que vous croiserez est Mère Teresa : l'Albanie revendique le titre de patrie de la sainte, et son nom a été donné au principal aéroport du pays.
Elle est la personnalité albanaise la plus connue dans le monde, en raison de son engagement en faveur des malades et des défavorisés.
Pourtant il y a dispute : l'Albanie et la Macédoine du Nord revendiquent toutes deux cette figure majeure. La Macédoine a même ouvert une maison-mémorial sur le lieu de sa naissance à Skopje. En effet, Anjezë Gonxhe Bojaxhiu naît en 1910 à Uskub, qui faisait alors partie de l'Empire Ottoman et est aujourd'hui connue sous le nom de Skopje, en Macédoine du Nord. Pourtant, la principale intéressée a affirmé plusieurs fois être Albanaise, et sa mère et sa sœur avaient déménagé à Tirana après son départ. Le débat reste ouvert ! Surtout qu'elle a vécu la majeure partie de sa vie en Inde et qu'elle a mené son action de charité dans le monde entier.
Engagement en Inde
A Skopje, Anjeze a grandi dans une famille catholique pratiquante. A l'âge de 18 ans, elle a quitté l'Albanie pour s'engager dans un ordre religieux, les sœurs de Lorette, et elle est partie faire son noviciat en Inde. Elle y prononce ses vœux temporaires en 1931, et prend à cette occasion le nom religieux de Mary Teresa, en référence à sainte Thérèse de Lisieux. Elle consacre son temps à l'enseignement et à la visite des pauvres.
En 1946, elle vit ce qu'elle nommera un « jour de l'inspiration », ressentant un appel à aller vivre auprès des plus pauvres. Deux ans après, elle demande puis obtient l'autorisation de vivre pendant un an hors de son ordre.
Elle entame alors son œuvre auprès des plus démunis. Elle commence par donner des cours aux enfants des rues, visite les personnes malades et mourantes. D'autres femmes souhaitent peu à peu s'engager avec elle ; en 1950, elle écrit la règle d'une nouvelle communauté religieuse, les Missionnaires de la Charité. Au fil du temps, cette congrégation ouvre des écoles, des mouroirs pour les personnes abandonnées par leurs familles (Mère Teresa sera attaquée pour l'absence de soins dans ces lieux, par exemple d'analgésiques, dans l'idée que la souffrance rapproche de Dieu), des dispensaires pour les malades de la lèpre, des orphelinats, des soupes populaires. La congrégation se développe en Inde, mais aussi peu à peu dans d'autres contrées. Au total, à sa mort, l'ordre gère 610 établissements dans 123 pays.
Critiques et canonisation de Mère Teresa
Mère Teresa est aujourd'hui encore critiquée par certains pour ses positions très conservatrices sur la famille, notamment contre le divorce et l'avortement. Il lui est aussi reproché son silence face aux dictatures, qui ont accueilli certains centres de la congrégation ou financé ses œuvres. Dans la même ligne, elle a déposé une gerbe sur la tombe de Enver Hoxha, un geste qui a été reçu avec froideur par beaucoup de victimes du dictateur. A noter qu'elle n'avait pas pu revenir en Albanie pendant toute la période communiste, en raison de la féroce répression du régime. Quoi qu'il en soit, elle a été canonisée en 2016. En Albanie, la journée de Mère Teresa, Dita e Nënë Terezës, est célébrée le 19 octobre.
Les lieux liés à Mère Teresa en Albanie
Dans le pays, plusieurs sites honorent cette personnalité. Outre l'aéroport, son nom a été donné à un centre hospitalier ainsi qu'à une place de Tirana. Il y a au moins quatre statues d'elle dans le pays, notamment à Shkoder et à Durres, au milieu de places où elles ne sont pas vraiment mises en valeur. On en trouve aussi une à Tirana, devant la cathédrale Saint-Paul, et une dernière à l'aéroport qui porte son nom.
La cathédrale de Saint-Stéphane à Shkoder a accueilli Mère Teresa lors d'une messe en 1993 : cela a été l'un des grands événements de la renaissance du catholicisme après les interdits de la dictature communiste.
2. Skanderbeg (1405-1468), le héros national
Deuxième personnalité que vous ne pourrez pas manquer de croiser : Skanderbeg (Georges Kastrioti). En visitant Tirana, vous passerez forcément sur la place principale de la ville (la Place Skanderbeg), qui porte son nom et où trône sa statue. Vous verrez aussi partout les armes de sa famille : elles sont tout simplement devenues le drapeau du pays.
Les armoiries de l'Albanie sont composées d'un aigle à deux têtes noires, sur fond rouge. Dans l'une des versions du drapeau de l’Albanie au-dessus de l'aigle figure le casque en or – c’est celui de Skanderbeg. En y regardant de plus près, on voit que ce casque est surmonté d'une tête de chèvre.
Skanderbeg est un héros de l'histoire albanaise, le symbole de l'affirmation nationale. Il naît en 1405 à Kruja. Son père Gjon Kastrioti est un seigneur de la moyenne Albanie.
Depuis des dizaines d'années, le pays fait l'objet d'une lutte incessante entre familles féodales albanaises pour s'assurer le contrôle du territoire, et entre diverses puissances extérieures qui veulent les vassaliser.
L'empire Ottoman en fait partie, et sous le règne du sultan Mehmet 1er, plus précisément entre 1415 et 1419, il parvient à étendre son emprise. En 1415, il occupe de Kruja ; il oblige alors les féodaux locaux à devenir ses vassaux, et à lui envoyer certains de leurs fils en otage. C'est le cas de Georges Kastrioti, qui part donc pour Edirne, où il est élevé dans la religion musulmane et instruit pour servir l'empire.
Nommé Georges Kastrioti à la naissance, il est alors baptisé Skander (Alexandre en turc) et reçoit le titre bey : Skanderbeg (Skander bey) est né.
Il entreprend une carrière au service du sultan, et devient ainsi administrateur pour le compte de l'empire ottoman dans sa région natale de Kruja. A cette époque, les territoires balkaniques font encore l'objet de convoitises et d'attaques de la part des puissances environnantes. A l'occasion de l'une d'elles, en 1443, Skanderbeg change de camp. Au lieu d'obéir au sultan qui le chargeait de contribuer à maintenir l'ordre ottoman, il part à la tête d'une petite troupe et s'empare de Kruja. Il y dresse, le 28 novembre 1443, les armes familiales : un aigle bicéphale noir sur fond rouge (en héraldique, on dit « un aigle bicéphale de sable sur fond de gueules », sable désignant la couleur noire et gueules la couleur rouge).
28 novembre, fête nationale

Cette date a une postérité : le 28 novembre 1912, un groupe de nationalistes albanais, surnommés « les patriotes », proclament l'Albanie « État indépendant et souverain » et hissent le drapeau de Skanderbeg à Vlora. C'est considéré comme l'acte de naissance de l'État albanais, même si dans les faits il n'est pas né à ce moment-là mais un an après. Quoi qu'il en soit, de nos jours, la fête nationale est célébrée le 28 novembre.
Quant à Skanderbeg, il parvient après 1443 à unir un certain nombre de familles nobles albanaises contre le sultan au sein de la « Ligue de Lezha ». Outre cet effort pour créer l'union, le principal fait d'armes de Skanderbeg, ce qui fait sa légende, a été sa capacité à résister aux assauts turcs pendant très longtemps : entre 1443 et 1468, date de sa mort, Kruja est restée indépendante.
Les lieux albanais liés à Skanderbeg

Tout en Albanie rappelle le héros, de la principale qui porte son nom à Tirana jusqu'au cognac national « Skanderbeg ».
Toutefois, si vous voulez en apprendre plus sur Skanderbeg, rendez-vous à Kruja, la ville où il est né et où il a résisté aux Ottomans pendant 25 ans. Le musée national Skanderbeg, situé au cœur du château de Kruje, permet de découvrir le récit national autour de cette figure historique. Le bâtiment qui abrite le musée a été construit suivant un projet de Pranvera Hoxha, la fille du dictateur. Cela illustre l'importance de ce projet pour le régime.
Un autre lieu emblématique est le monastère d'Ardenica, où Skanderbeg s'est marié. C'est probablement en raison de cette célébration que le lieu de culte n'a pas été détruit pendant la campagne anti-religieuse de Hohxa. La dictature ne s'est pas décidée à détruire le lieu du mariage du héros national.
3. Enver Hoxha (1908 – 1985)
Encore une figure incontournable de l'histoire du pays et de votre voyage en Albanie : le dictateur Enver Hoxha (à prononcer Enver Hodja). Même si vous faites le voyage uniquement pour profiter des plages albanaises, il vous accompagnera : il a fait construire des bunkers partout dans le pays, y compris un peu partout en bord de mer. Vous ne pourrez manquer d'en croiser quelques-uns au cours de vos promenades ou de vos baignades. Voire entre deux tentes dans un camping (pour en lire plus sur l'histoire des bunkers en Albanie cliquez ici).
Il y a énormément à dire sur cette personnalité et sur le régime répressif qu'il a mis en place dans le pays. Né en 1908, il devient Premier secrétaire du tout jeune parti communiste albanais en 1943. L'année suivante, il est nommé Premier ministre du pays libéré des nazis, et un régime communiste et autoritaire commence à s'implanter.
Au fur et à mesure des années, cette dictature se distinguera par sa fermeture progressive au reste du monde. Elle se brouille avec la Yougoslavie dès 1948, avec l'URSS après la déstalinisation, puis avec la Chine populaire. Sous la houlette d'Enver Hohxa, le pays développe une économie de subsistance, tout en dépensant des sommes énormes pour assurer la défense du pays contre d'hypothétiques attaques extérieures – les bunkers poussent comme des champignons.
Son règne se caractérise par la répression : arrestations arbitraires, torture, emprisonnement, culte de la personnalité, politique anti-religieuse féroce. Le peuple, quant à lui, vit dans la pauvreté.
A noter qu'Enver Hoxha était francophone : il a étudié dans le lycée français de Korçe, puis à l'université de Montpellier (la botanique, avant de laisser tomber cette voie) ! Il a travaillé en Belgique mais aussi comme professeur de français, après son retour en Albanie.
Le bilan du règne de Hohxa est très triste pour l'Albanie. A la mort du dirigeant, le pays était isolé, son économie désorganisée, sa population comptait parmi les plus pauvres des Balkans. L'Albanie peine toujours à rattraper ce retard.
Les sites albanais liés à Hohxa
Dans le pays, de nombreux lieux évoquent encore cette personnalité et sa politique, ainsi que la vie quotidienne sous la dictature. A Tirana, les musées Bunk'Art 1 et Bunk'Art 2 sont incontournables. Le musée de la Sigurimi, la police politique, est lui aussi très intéressant. Installé dans la « House of Leaves » (la maison des feuilles), il relate les pages les plus noires de l'histoire communiste du pays.

Par ailleurs, en se promenant dans la capitale, on croise de nombreux bâtiments liés à Enver Hoxha : la pyramide, l'ancienne villa du dictateur (aujourd'hui transformée en résidence artistique, généralement fermée au public à moins que s'y déroule une exposition), et tant d'autres édifices comme le palais de la culture et le musée national historique de la place Skanderberg. L'architecture de ces deux derniers, et l'immense mosaïque qui orne la façade du musée, sont typiques du réalisme socialiste.
En-dehors de Tirana, n'hésitez pas à visiter le Tunnel de la Guerre froide à Gjirokastra. Contrairement aux bunkers de Tirana, en grande partie transformés en musées, ce bunker a été laissé dans son état d'origine, ce qui garantit quelques frissons.
Dans cette même ville, le musée d'ethnographie est installé dans la maison natale d'Enver Hoxha. Elle a été rénovée sous le régime communiste pour accueillir cet établissement, et a par la même occasion perdue en authenticité, alors que d'autres maisons ont gardé leur cachet quelques rues plus loin. Mais c'est là qu'est né le dictateur...
4. Ismaïl Kadaré (1933-2024), le Dumas de l'Albanie
Ismaïl Kadaré est l'une des personnalités albanaises les plus connues dans le monde, notamment par les amateurs de littérature. Il est certainement l'auteur albanais le plus célèbre. Il a écrit de nombreux romans ancrés dans l'histoire et la vie quotidienne albanaises. Glisser un de ses livres dans sa valise avant le départ est un bon moyen de voyager par l'esprit autant que par le corps.
Né en 1936 à Gjirokastra, Ismaïl Kadaré étudie la littérature à Tirana puis à Moscou, avant de rentrer à cause de la rupture diplomatique entre les deux pays. Il travaille tout d'abord comme journaliste, avant de publier en 1963 son premier roman, Le Général de l'armée morte, qui fait sa renommée tant en Albanie que dans le reste du monde. Pourtant, très vite, ses romans et autres écrits (essais, poèmes, pièces de théâtre...) se voient interdits en Albanie et ne connaissent le succès qu'à l'étranger. Il y critique trop directement les régimes totalitaires. Mis en cause et menacé dans son pays, il obtient l'asile politique en France en 1990. Il partagera désormais sa vie entre l'Hexagone et l'Albanie. Ismail Kadaré est mort en 2024.

Parmi ses livres, plusieurs se situent à Gjirokastra, dont Chronique de la ville de pierre qui relate une enfance dans cette petite ville d'Albanie sous occupation italienne pendant la seconde guerre mondiale. C'est grâce à Kadaré et à ce livre que Gjirokastra, aujourd'hui inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, est aujourd'hui qualifiée de « ville de pierre ».
Dans Les tambours de la pluie, l'action se situe au XVème siècle dans une forteresse albanaise assiégée par les Ottomans, dans une ambiance étouffante et prenante. Le palais des rêves nous entraîne dans un monde fictif totalitaire, dans lequel les rêves des habitants sont analysés pour identifier les dissidents. Le Dossier H. est aussi un récit sur le totalitarisme, mais situé dans l'Albanie des années 30 ; il creuse toute l'absurdité d'un régime paranoïaque.
Sur la trace de Kadaré en Albanie
Au cours de votre voyage, les occasions seront nombreuses de croiser la route des héros des livres d'Ismaïl Kadaré. Pour partir plus concrètement sur les traces de l'écrivain, vous pouvez visiter sa maison natale à Gjirokastra, mais elle a été rénovée. Ici encore, d'autres habitations plus authentiques évoqueront avec plus de force ses romans tels que Chronique de la ville de pierre.
A Tirana, vous pouvez aussi visiter l'appartement d'Ismaïl Kadaré, celui dans lequel il a écrit nombre de ses textes. Il a gardé l'agencement, la décoration, les livres, la table de travail de l'écrivain, et permet de plonger à la fois dans son univers et dans un intérieur albanais des années 1980.
5. Le roi Ahmet Zogu (ou Zog)
Le roi Zog 1er, de son nom de naissance Ahmet Zogolli, a dirigé l'Albanie entre 1925 et 1939. Issu d'un clan féodal de la région du Mati, militaire de formation, il parvient au pouvoir suite à une période de désordre de plusieurs années. Après la fin de la première guerre mondiale, les frontières du pays et son organisation politique sont à définir. Cela se fait dans la douleur, au prix d'intrigues, d'assassinats politiques – Ahmet Zog en ayant commandité certains – de révoltes, de raids armés. Finalement, ayant éliminé ses principaux adversaires, Zogu devient chef du gouvernement en 1925 ; le parlement vote la formation d'une République albanaise dotée d'un président, et élit Zog. En 1928, le parlement le nomme roi Zog 1er. Le monarque a des pouvoirs étendus.
D'un côté, il promulgue des codes civil, pénal et commercial, proclame l'Albanie pays laïc, accorde aux femmes le droit de vote en 1937. D'un autre côté, il exerce un pouvoir autoritaire, empêche toute critique, et ne parvient pas à réellement moderniser le pays. A la fin de son règne, la population est encore très largement analphabète et se consacre largement à l'agriculture, alors que les grandes puissances étrangères exploitent le pétrole du sous-sol.
Dès l'origine, le roi est aussi très dépendant financièrement de l'Italie mussolinienne. Il ne peut donc pas refuser de mettre son pays sous quasi-protectorat italien, jusqu'à ce que Rome décide tout simplement d'envahir l'Albanie en 1939. Zog 1er fuit alors le pays. Il tente de reprendre le pouvoir sans y parvenir, avant de se voir définitivement écarté par l'arrivée aux manettes du pays d'Enver Hohxa.
Les lieux liés à Ahmet Zogu en Albanie
La villa de la famille royale à Durres, sur la côte Adriatique, a servi de résidence à la famille royale de Zog 1er un seul été, juste avant l'invasion italienne. Il n'est pas possible d'entrer dans la villa, mais on peut se promener autour.
A Tirana, on peut se rendre au mausolée où sont enterrés les restes de la famille royale, dans le parc Liqenit. Construit en 1935, le mausolée a été détruit par le régime communiste, mais il a été reconstruit en 2012 pour accueillir le corps de Zog 1er. Cette année-là, la dépouille a été rapatriée de France, où le roi était mort en 1961. Il avait été inhumé dans la division musulmane du cimetière de Thiais.
Zog 1er a aussi un boulevard à son nom à Tirana, où trône depuis cette même année 2012 une statue du monarque.
6. Les Albanais célèbres et la France
C'est un fait peu connu, mais la vie de trois des personnalités dont nous venons de vous parler est liée à la France !
Hoxha a été étudiant à l'université de Montpellier dans les années 1930, puis professeur de français dans la ville de Korce après son retour en Albanie en 1938.
Kadaré, le principal écrivain albanais, a demandé l'asile politique à la France en 1990, avant d'y émigrer. Il a vécu les derniers trente-cinq ans de sa vie entre la France et l'Albanie, et il parlait le français couramment. On peut facilement trouver des interviews de l'auteur en français sur Youtube.
Quant au roi Ahmet Zogu, il a lui aussi passé la fin de sa vie en France, où il est mort en 1961 et où il a été enterré avant que son corps ne soit rapatrié dans son pays.
7. Conclusion
Les boulevards et les places, les statues et les maisons-musées consacrés à ces personnalités éclairent l'histoire et l'identité du pays et de ses habitants. La réhabilitation de la royauté en 2012, grâce au rapatriement de la dépouille de Zog 1er et à l'inauguration d'une statue en sa mémoire, indique ainsi que le pays tente de se réconcilier avec son passé. Les musées consacrés à la période communiste s'efforcent de faire la part de l'histoire de la répression. Skanderbeg reste un héros incontesté, même du temps du régime communiste. Ainsi, au travers de ces figures mises en avant par le pouvoir, c'est toute une lecture du passé qui se révèle.

















