Huit merveilles de l'Albanie inscrites à l'Unesco à ne pas ra
Même si ce n'est pas exactement son but, l'Unesco fournit à tous les voyageurs une liste solide de lieux à ne pas manquer. En parcourant les sites « inscrits à l'Unesco », vous êtes sûrs de voir des endroits uniques. Des villes où une culture authentique affleure, des paysages où la nature offre des spectacles d'exception, des endroits où les êtres humains inventent une manière singulière d'habiter leur environnement.
L'Albanie compte huit lieux inscrits à l'Unesco. La vénérable institution a créé plusieurs « listes », et malgré sa petite taille l'Albanie possède à la fois des lieux remarquables pour leur nature et d'autres pour leur culture.
La liste de l'Unesco la plus connue est celle du « patrimoine mondial ».
Cinq sites albanais y figurent, dont trois au titre de la culture : Butrint et ses ruines exceptionnelles, Gjirokastra et ses impressionnantes maisons de pierre, et Berat et ses mille fenêtres ; et deux pour la nature : le lac Ohrid, et les forêts primaires de hêtres (qui compte deux sites, un au nord et un au centre du pays).
Un peu moins célèbre, il y a aussi la liste de l'Unesco des « réserves de biosphère » : ce sont des « lieux d’apprentissage du développement durable ». Ces sites possèdent une biodiversité et une diversité culturelle admirable, et ils visent un développement harmonieux. Il y a deux lieux albanais sur cette liste : la vallée de la rivière Vjosa, qualifiée de « dernière rivière sauvage d'Europe », et un site réunissant les lacs Ohrid et Prespa, à la frontière de la Macédoine du Nord.
L'Albanie, ce petit pays des Balkans, offre donc de quoi réjouir tous les goûts, et permet de créer un voyage aux découvertes et aux émerveillements variés.
La liste du patrimoine mondial au titre de la culture en Albanie
Butrint
Le site archéologique de Butrint ravira les amateurs d'histoire mais aussi les amoureux de nature : il est serti dans un écrin de verdure qui lui confère une douce magie.
Très longtemps occupé par des peuplements humains, puis une cité grecque, puis romaine, byzantine, vénitienne, Butrint a vécu au gré de l'histoire mouvementée de la zone. On y trouve des ruines de multiples époques, ce qui permet de parcourir en une demi-journée la riche histoire de la région. Lors de la conquête ottomane, le site a été détruit, abandonné puis complètement oublié. Il n'a été redécouvert qu'à la fin des années 1920 par des archéologues envoyés par Mussolini – l'Albanie venait de devenir un protectorat de l'Italie fasciste. Les fouilles menées par le régime italien cherchaient à asseoir le récit historique national et l'idée d'une « grande Italie ». C'est donc grâce au Duce que l'on peut se promener dans ces ruines magnifiques !
Et c'est en partie aussi grâce au dictateur albanais Enver Hoxha. Il était très sensible à la richesse culturelle du pays qu'il dirigeait d'une main de fer. Comme il le raconte dans ses mémoires, il n'a donc pas suivi les conseils du dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev qui, en visite à Butrint en 1959, lui suggéra de jeter à la mer toutes ces antiquités qui n'apportaient aucun bien-être au peuple. Le successeur de Staline aurait préféré voir plutôt se dresser sur le site une base de sous-marins...
Le centre historique de Berat
Étendu sur deux collines qui se font face et sont séparées par la rivière Osum, le centre historique de Berat séduit dès le premier regard. Les rues montent sur plusieurs étages parallèlement à la rivière, et leurs maisons ottomanes aux multiples fenêtres et aux toits de tuiles forment un paysage unique. De chacune des deux rives, la vue est enchanteresse, et il est très agréable de se perdre dans les petites artères étroites. En grimpant sans cesse, d'un virage à l'autre, on peut même avoir la surprise de rencontrer sur son chemin un bar doté d'une terrasse à la vue exceptionnelle, où l'on pourra déguster un petit verre bien mérité. Avant de repartir à l'assaut de la forteresse et de ses multiples trésors – antiques citernes, magnifique musée d'icônes, ruelles charmantes, restaurants savoureux...
Le centre historique de Gjirokaster
Gjirokaster possède une forme de rudesse qui contraste avec l'indolence de Berat. Cette ville est elle aussi construite sur des collines, mais elle arbore une architecture beaucoup plus montagnarde : les maisons-tours sont spacieuses et hautes, dominant la large plaine qui s'étend aux pieds de la cité. Tout en démontrant la richesse des familles qui les ont élevées, elles semblent aussi être prêtes à soutenir un siège. Là encore, pour découvrir ces demeures, les musées qui présentent la richesse de la ville, la puissante forteresse ou l'élégant pont qui règne sur une gorge un peu au-delà du centre-ville, le visiteur devra monter : des cotes pentues, des escaliers, des chemins. Mais quelle récompense au bout du chemin !
Les forêts primaires de hêtres de l'Albanie
Bienvenus dans deux forêts majestueuses et anciennes, appartenant selon l'Unesco au « bien transnational » intitulé « forêts de hêtres anciennes et primaires des Carpates et d'autres régions européennes ». Au nord du pays, le territoire couvre 13000 ha d'un côté et de l'autre de la rivière Gashi dans les Alpes albanaises. Il est aujourd'hui inclus dans le parc national « Alpes d'Albanie ». Au centre-est du pays, non loin du lac Ohrid, le site Rrajca (ou Rrajcë) est composé de 2130 ha de reliefs plus ou moins escarpés, aujourd'hui inclus dans le parc national Shebeniku‑Jabllanicë.
Ces deux forêts albanaises ne sont qu'une petite partie de ce « bien transnational », qui compte en tout 93 sites situés un peu partout en Europe – il y en a même en France. Quel que soit le site choisi, leur particularité vient de leur patrimoine naturel – souches génétiques de hêtres, diversité de la faune et de la flore, richesse de leurs sols – puisqu'ils sont demeurés quasiment intouchés depuis le dernier âge glaciaire il y a 11 000 ans.
La région du lac Ohrid
Le lac Ohrid est inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco au titre à la fois de la culture et de la nature
Ce lac accueille de nombreux animaux et plantes exceptionnelles, dont plus de 200 espèces endémiques : les amoureux de la nature seront comblés. Quant à la ville d’Ohrid, elle est l’un des plus anciens sites de peuplement humain de notre continent... Elle bénéficie de la douceur apportée par le plan d'eau et d'une richesse culturelle incroyable, avec notamment le plus ancien monastère slave connu et d'innombrables et précieuses icônes.
La Vallée de la Vjosa
Elle vient tout juste, en 2025, d'être inscrite sur la liste de l'Unesco de Réserves de biosphère. C'est une liste particulière, qui célèbre non seulement la richesse du lieu sur le plan culturel et humain, mais invite aussi à œuvrer pour que son développement se fasse dans le respect de son patrimoine. La rivière Vjosa a été qualifiée de « dernière rivière sauvage d'Europe » en raison notamment de l'absence de tout barrage interrompant la circulation de l'eau. Elle peut aussi « suivre son cours », car il n'y a aucun chenal, aucune digue lui interdisant de divaguer là où la nature et les intempéries le dictent.
Elle est magnifique, tant par ses couleurs que par sa nature indomptée, des canyons en amont jusqu'à ses courbes majestueuses plus en aval. Elle vaut vraiment une visite ! Mais les exigences de l'Unesco ne sont pas vaines : la rivière doit être protégée de la pollution des villages environnants et de l'exploitation, tant touristique qu'industrielle, qui la menacent.
La réserve transfrontalière Ohrid-Prespa
Cette réserve inclut deux lacs, des régions montagneuses et des forêts subtropicales en Albanie et en Macédoine du Nord, soit 88 000 ha de zones émergées et 785 ha couverts par les plans d'eau. Mis ensemble, Ohrid et Prespa forment un des systèmes lagunaires les plus grands d'Europe. Nous avons parlé plus haut du lac Ohrid ; de son côté, la région du lac Prespa contient des forêts exceptionnelles peuplées du lynx des Balkans, une espèce rare emblématique, mais aussi de loups et d'ours, de pélicans ou encore de la plus discrète mais non moins précieuse taupe des Balkans.
La région d'Ohrid et de Prespa est constituée d'espaces où une agriculture souvent familiale est encore l'activité dominante, talonnée de près par le tourisme, d'où le projet de développer l'écotourisme afin de limiter les atteintes à la nature.
Conclusion
Vu leur richesse, tous ces sites sont exceptionnels et nous les incluons dans nos itinéraires – en fonction bien sûr de vos goûts et du temps dont vous disposez. Vous pouvez les parcourir en autonomie ou accompagnés de nos guides, qui savent partager avec vous la richesse de l'histoire et de la nature, mais aussi les anecdotes et les détails qui rendent toute visite croustillante et inoubliable.

